Propassif : actualités formation et labellisation bâtiments passifs

31 mars 2025

Le projet de l’OMH Grand Nancy

NEWSLETTER #45 : MARS

Le printemps arrive ! Avec lui reviennent les floraisons éclatantes, la douceur du vent et le soleil radieux…


Le printemps arrive !


Heureusement, la construction passive offre une véritable bulle de bien-être grâce à son système de ventilation double flux. Dotés de filtres performants, ces bâtiments limitent la présence d’allergènes et garantissent un air intérieur plus sain. De plus, l’utilisation de matériaux durables et hypoallergéniques contribue à réduire les risques de réactions allergiques.

Avec lui reviennent les floraisons éclatantes, la douceur du vent et le soleil radieux… mais aussi les allergies saisonnières. Pollen et autres allergènes se dispersent, causant inconfort et réactions en chaîne pour les personnes sensibles.


Le projet de l’OMH Grand Nancy

Le projet de l’OMH Grand Nancy à Art sur Meurthe a débuté en 2017. Il s’agissait de faire en bout du lotissement du Coteau des Vignes sous la forme d’un béguinage une résidence séniors autonomes.

Le projet de 12 logements composé de deux bandes de 6 maisons de plein pied se faisant face et séparées d’un patio central est conçu par l’agence Mil-Lieux de Nancy, bien connue pour ses réalisations bois biosourcées et passives (voir également le projet de Moselis à Florange : Collectif Moselis Florange Bat A (2020) [https://passivehouse-database.org/index.php?lang=en#d_7321] et Collectif Moselis Florange Bat B (2020). [https://passivehouse-database.org/index.php?lang=en#d_7322]

Dès le départ la labellisation Passivhaus était demandée. C’était sans compter sur les multiples aléas du projet. La première fut la démission du BET au moment du dépôt de PCM ! Le projet est donc composé de deux séries de 6 MOB mitoyennes (ce qui réduit les déperditions), mais est défavorisé par le manque de compacité du plein pied impératif pour une résidence sénior.

L’ossature bois de 300mm insufflée de ouate de cellulose est réalisée en atelier, mais pas le montage des fenêtres ce qui retardera fortement le projet, causant même un dégât de eaux. C’est assez dommage car beaucoup d’ossature bois sont montées avec les fenêtres même en France aujourd’hui. Il est difficile d’aller à l’encontre des habitudes et des peurs : le bris de vitrage pendant le transport est quasi nul aujourd’hui. En revanche le travail en atelier notamment pour la pose des fenêtres est beaucoup plus précis que celui sur chantier. Heureusement que ces pratiques vieillies ont tendance à disparaitre !

Le toit en OSB de 400mm de fibre de bois est végétalisé et recouvert de quelques discrets panneaux photovoltaïques qui ne permettent pas d’atteindre les label « Passif Plus », mais apportent quelque kilowatt heure (4 kWh/m2 de surface au sol). Il en aurait fallu 10 fois plus pour seulement 50 % de la surface de la toiture pour atteindre le label, ce qui était possible avec ce toit plat bien orienté, mais qui n’était sans doute pas dans les capacités financières du bailleur, porteur du projet. Qu’à cela ne tienne, les capteurs peuvent encore être montés par la suite, si une autre solution économique pour le bailleur (location de la toiture ?) était trouvée.

Pour l’instant le bâtiment labellisé « Passivhaus Classique » Collectif OMH Grand Nancy (2019) fait le bonheur de ses habitants, grâce à un confort assuré été comme hiver grâce à des fenêtres triple vitrages Glas Trösch  et des châssis Smartwin produites par Menuiseries André à Chavannes dans la Drôme et à des charges locatives réduites  (de 20€ à 45€, abonnements inclus) grâce au choix de la machine « 3 en 1 » PKOM4 produite par L’entreprise Pichler en Autriche, très efficace et certifiée Passivhaus Institut , fournissant Ventilation, Chauffage et ECS). Entre temps il existe une version « PKOM4 Solar » qui baisse encore les consommations électriques. Mais ce sera pour une prochaine fois

A lire également :

L’article très complet publié dans le HS n° 26 d’«Habitat Naturel » 


https://www.habitatnaturel.fr/abonnements/hors-serie-n26/ [https://www.habitatnaturel.fr/abonnements/hors-serie-n26/]

PKOM4, certifiée Passivhaus et revendue en France par GECO 


https://database.passivehouse.com/en/components/details/heat_pump/j-pichler-gesellschaft-mbh-pkom4-0875ch03? [https://database.passivehouse.com/en/components/details/heat_pump/j-pichler-gesellschaft-mbh-pkom4-0875ch03?]

Menuiseries Smartwin, licence ProPassivhaus Fenster produites par Menuiseries André 


https://database.passivehouse.com/en/components/details/window/pro-passivhausfenster-gmbh-smartwin-0905ws03? [https://database.passivehouse.com/en/components/details/window/pro-passivhausfenster-gmbh-smartwin-0905ws03?]

https://andre-menuiserie.fr/ [https://andre-menuiserie.fr/]


Sources : The conversation

Le mois dernier, Bruno Peuportier, Directeur de recherche en énergétique aux Mines Paris - PSL, répondait à nos questions dans la rubrique "Portrait du mois".
Le 6 mars, The Conversation a publié un article rédigé par Bruno, Charlotte Roux, Chargée de recherche en écoconception des bâtiments et des quartiers,  et Khaled Khazaal, Doctorant en analyse de cycle de vie des bâtiments.
Cet article met en lumière un problème majeur : au rythme actuel, la rénovation énergétique du parc immobilier français ne permet pas de respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Le secteur résidentiel est responsable de 15 % de l’empreinte carbone du pays, et sans accélération massive des rénovations performantes (classe A), la France dépassera son budget carbone bien avant l’échéance.


Points clés :

   -État des lieux préoccupant : Seulement 2 % des logements français sont en classe A, tandis que 17 % sont classés F ou G (passoires thermiques).

    -Budget carbone largement dépassé : À ce rythme, en 7 ans, les logements français auront consommé tout leur budget carbone disponible jusqu’en 2050.

   -Des rénovations exemplaires existent : Des logements comme "la Poutinière" montrent qu’il est possible de construire et de rénover de façon neutre en carbone.

    -Mais le défi est colossal : Pour tenir l’objectif, 400 000 logements par an doivent atteindre la classe A, contre des rénovations actuellement trop souvent insuffisantes.

⚡ Défis et solutions :

   -Accélérer la formation des professionnels pour massifier les rénovations performantes.

     -Renforcer les aides publiques malgré les coupes budgétaires.

     -Ne pas se reposer uniquement sur l’électrification (les pics de demande poseraient des problèmes majeurs).

     -Miser sur l’isolation pour réduire les besoins énergétiques dès la conception.

Qu’en pensez-vous ? La France est-elle en mesure de relever ce défi à temps ?

Retrouver l'article complet ici :
https://theconversation.com/le-dpe-peut-il-aider-les-logements-a-respecter-laccord-de-paris-250991 [https://theconversation.com/le-dpe-peut-il-aider-les-logements-a-respecter-laccord-de-paris-250991]


Le portrait du mois

Aujourd'hui, c'est Thierry LOCHLEITER qui répond à nos questions.

Bruno Peuportier-20200121-1.jpg

Présentez-nous votre entreprise et votre parcours professionnel.

Constructeur de maisons depuis 1988, nous avons construit près de 800 maisons depuis notre création. Maisons Prestige a toujours mis le confort des habitants au cœur de ses priorités.
Constructeur de la 1ère maison labellisée THPE de France en 2007, ainsi que des 5 premières maisons labellisées BBC Effinergie du Haut-Rhin en 2008, nous avons ensuite naturellement proposé la construction de bâtiments passifs depuis 2012. La construction passive est depuis devenue notre spécialité avec à l’heure actuelle plus d’une centaine de réalisations passives en Alsace basées sur le standard du PHI, dont plusieurs bâtiments certifiés.
Ingénieur de formation, diplômé du Conservatoire National des Arts et Métiers et diplômé du CEPH, la technique et la performance énergétique du bâtiment me passionne depuis maintenant plus de 35 ans.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de développer le standard passif ?

La meilleure énergie étant celle que l’on ne consomme pas, j’ai toujours souhaité minimiser les consommations de nos constructions tout en améliorant le confort global. Nous nous sommes naturellement orientés vers le passif sans en connaître initialement le concept il y a de cela 20 ans. Puis nous avons eu connaissance du PHI, du Dr Feist et notre technique de construction s’est rapidement perfectionnée. Construire des bâtiments confortables et durables en toutes saisons, c’est ce que nous proposons aux particuliers et aux professionnels par le biais de la construction passive.

Selon vous quelles sont les compétences/connaissances incontournables pour réaliser dans les règles de l’art un projet de construction/rénovation passive ?
Avant tout, il faut déjà être correctement formé à la technique et à l’ingénierie du bâtiment, avec de sérieuses connaissances en thermique. Les formations passives des relais PHI en France peuvent aider à se perfectionner en la matière. La construction passive relève du bon sens mais nécessite aussi l’emploi de matériaux issus de la base PHI. Concevoir des plans d’exécution détaillés permettra d’être le plus précis possible, sans ambiguïté pour la réalisation sur chantier. Pas d’improvisation possible si on vise le standard passif, la précision et la préparation sont essentiels ! Ensuite il faut former les équipes chargées de la mise en œuvre afin qu’elles apportent un soin particulier lors de l’exécution. Un suivi rigoureux sur chantier est également impératif. En bref, la réussite d’un projet passif se joue dès le départ, de la conception à la réalisation, chaque étape est importante.


Nous sommes en train de traverser une crise qui touche le prix des matières premières, comment faites-vous face à cette situation ?

Comme tout acteur du BTP, nous avons du augmenter nos prix de construction, à contre-coeur, car cela a rendu la maison passive moins accessible. Cependant, nous constatons que les particuliers réfléchissent davantage au long terme depuis cette crise et s’intéressent d’autant plus à la maison passive et à la construction durable. Loin du minima réglementaire de la RE2020, construire passif est un vrai pari gagnant pour l’avenir, un investissement qui ne se regrettera pas selon nous, tant sur le plan financier que sur le confort inégalé apporté par le passif à ses habitants.


A l’heure actuelle, pensez-vous que le passif soit la solution pour rendre la construction plus soutenable et pourquoi ?

Pour nous le passif deviendra un jour incontournable car c’est la solution optimum pour préserver les ressources environnementales pour les générations futures. Construire moins mais construire mieux et plus durablement est la solution d’un avenir plus respectueux de la nature en tous points. Pourquoi construire un bâtiment neuf en 2025 et devoir y installer une climatisation un an après ? Pourquoi encore construire des bâtiments bons à rénover d’ici 20 ans ? Le passif permet de garantir une pérennité de l’enveloppe du bâtiment pour 50 ans voire plus et donc un confort indissociable.


Pourriez-vous partager un moment mémorable ou une réalisation dont vous êtes particulièrement fier dans votre parcours professionnel ? Expliquez votre choix.

Nous sommes fiers d’avoir construit la première maison QUADRISOLAIRE®.
C’est une maison passive optimisée dont le besoin en chauffage est de 3,19  kWh/m2.an

Le soleil est utilisé de 4 manières dans cette maison :
- une fois pour le chauffage direct par les menuiseries extérieures comme toute maison passive
- une fois pour stocker de l’eau chaude dans un ballon de 500 litres permettant de fournir l’eau chaude sanitaire et un complément de chauffage sur air par une batterie chaude
- une fois pour la production d’électricité par 20 panneaux solaires photovoltaïques
- un récupérateur d’énergie des eaux grises, permet d’économiser près de 50 % de l’eau chaude sanitaire solaire pour les douches de la maison.

Cette maison QUADRISOLAIRE est également équipée d’un puits canadien hydraulique fonctionnant par échange thermique sur la nappe phréatique très proche, comme 80% de toutes nos maisons passives. Le confort d’été est tout simplement impressionnant.

Merci Thierry pour cet échange et ce retour d'expériences !

Formerie-photo-Airelles2.JPG
Quelques chiffres

Une nouvelle étude majeure a révélé que la cuisson au gaz cause la mort de 40 000 Européens par an, réduisant leur espérance de vie d’environ deux ans en moyenne dans l’UE et au Royaume-Uni. Cette surmortalité est liée à l’exposition au dioxyde d’azote (NO₂) émis lors de la cuisson. Les pays les plus touchés sont l’Italie, la Pologne, la Roumanie, la France et le Royaume-Uni.

Une étude financée par la Fondation européenne pour le climat et menée par des chercheurs de l'Université Jaume I (Castello, Espagne) a permis d'établir la première carte des concentrations de NO2 à l'intérieur des habitations en Europe, en fonction du type d'appareil de cuisson utilisé.

Dans plus de la moitié des pays européens, les concentrations annuelles de NO2 à l'intérieur des logements dépassent la directive de l'OMS de 2021 sur la qualité de l'air. Les cuisinières à gaz constituent une source majeure de pollution intérieure, émettant notamment du dioxyde d'azote (NO2), un gaz dont les effets nocifs sur la santé sont bien connus.

Actuellement, 33 % des foyers de l'Union européenne et 54 % des ménages britanniques sont équipés de plaques de cuisson au gaz. L'exposition au NO2 provenant de ces appareils est associée à des problèmes de santé tels que l'asthme infantile, la mortalité prématurée et d'autres complications, comme l'ont démontré plusieurs études scientifiques.

Sources : passivehouseplus.ie

Restez connectés !